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La crise de douleur aiguë est un
événement fréquent et surtout le plus
patent caractérisant l'évolution de la
drépanocytose. C'est la manifestation clinique la plus
communément reliée à la maladie. Elle
est habituellement appelée crise douloureuse vaso-occlusive.
Elle survient de manière irrégulière
et est généralement imprévisible.
Certains facteurs déclenchant sont décrits, tels
la fièvre, le froid, la déshydratation, des
efforts intenses ou prolongés.
Le début est en général brutal ; la
douleur est localisée à
l'extrémité d'un segment osseux d'un membre ou
à une partie de la colonne vertébrale. La douleur
est rapidement maximale, profonde, rongeante ou lancinante, parfois
oppressante. Le patient cherche en vain une attitude qui calme la
douleur et demande souvent l'application de fortes pressions sur les
zones douloureuses.
La douleur peut toucher n'importe quel endroit du corps, mais les zones
les plus souvent concernées sont : la colonne
vertébrale, notamment la région lombaire et
sacrée, le genou, la cheville, le coude et le
fémur.
La douleur, en particulier quand elle est
chronique, n'est pas seulement une réponse à un
stimulus nociceptif, elle dépend de nombreux facteurs tant
sociaux que psychologiques au niveau de sa perception et de son
intégration. Dans la drépanocytose, la douleur
est le symptôme qui hante les malades, les parents et
l'entourage. C'est d'ailleurs la première cause
d'hospitalisation. Ces crises algiques sont des épreuves
redoutées car l'idée de mort imminente est
présente et cela procure une certaine
anxiété (nervosité,
irritabilité, refus de mobilisation). D'après
Taylor, un garçon drépanocytaire alors
âgé de 4 ans, affirmait : « C'est comme
si on me cassait les os avec un marteau-piqueur, comme un tremblement
de terre dans le ventre, un cyclone, c'est le diable…
» ; « Quand j'ai mal, et que la morphine ne me
soulage pas, je demande au bon Dieu de venir me chercher, au ciel, on
ne souffre pas », ajoutera Mylène, une petite
fille de 7 ans.
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